La coloscopie : préparation, déroulement et suites

La coloscopie explore la totalité du côlon et du rectum à l’aide d’une caméra souple. C’est l’examen de référence pour rechercher et retirer des polypes, et le seul qui permette de traiter dans le même temps ce qu’il découvre.

En bref

Durée
20 à 45 minutes
Anesthésie
générale le plus souvent, parfois sédation
Préparation
régime sans résidu puis solution de lavage colique
Hospitalisation
ambulatoire, sortie le jour même
Point clé
ne pas conduire le jour de l’examen

À quoi sert une coloscopie

La coloscopie répond à deux logiques distinctes. La première est diagnostique : elle cherche l’origine de symptômes qui durent, comme un saignement, une anémie par carence en fer, une modification récente du transit ou des douleurs abdominales inexpliquées.

La seconde est le dépistage. Le programme national de dépistage du cancer colorectal s’adresse aux personnes de 50 à 74 ans, tous les deux ans, par un test immunologique fait à domicile. Lorsque ce test revient positif, une coloscopie est proposée : elle ne signifie pas qu’un cancer est présent, mais qu’il faut aller voir. Des antécédents familiaux au premier degré peuvent conduire à commencer plus tôt.

Son intérêt tient à un point précis : l’examen ne se contente pas de regarder. Un polype découvert pendant la procédure est retiré dans le même temps, et c’est ce geste qui interrompt la séquence pouvant mener au cancer.

La préparation, l’étape qui détermine tout

C’est la partie que les patients redoutent, et c’est aussi celle qui conditionne la qualité de l’examen. Le côlon doit être parfaitement vide : une paroi mal nettoyée masque les lésions, et une coloscopie de mauvaise qualité doit être refaite.

La préparation se déroule en deux temps. Les jours qui précèdent, un régime sans résidu écarte les fibres : ni fruits ni légumes, ni céréales complètes, ni graines. La veille et le matin de l’examen, une solution de lavage se boit selon un horaire précis, le plus souvent fractionné en deux prises. Respecter cet horaire compte autant que boire la totalité du volume.

Signalez impérativement vos traitements lors de la consultation préalable, en particulier les anticoagulants, les antiagrégants plaquettaires, les suppléments de fer et les traitements du diabète. Certains doivent être suspendus ou adaptés, jamais de votre propre initiative.

Comment se déroule l’examen

Vous arrivez à jeun. Après la consultation d’anesthésie effectuée en amont, l’endormissement est obtenu en quelques secondes. L’examen se pratique dans la très grande majorité des cas sous anesthésie générale légère, de courte durée.

Le coloscope, un tube souple d’environ un centimètre de diamètre équipé d’une caméra, est introduit par l’anus puis progresse jusqu’au début du côlon. De l’air, ou plus souvent aujourd’hui du dioxyde de carbone qui se résorbe plus vite, déplisse la paroi pour la rendre lisible. L’examen dure de vingt à quarante-cinq minutes selon l’anatomie et les gestes réalisés.

Si un polype est repéré, il est retiré séance tenante, à l’anse ou à la pince, puis envoyé en analyse. Ce geste est indolore : la muqueuse colique n’a pas d’innervation sensitive de ce type.

Après l’examen

Vous restez en surveillance une à deux heures, le temps que l’anesthésie se dissipe. Des ballonnements et des gaz sont fréquents dans les heures qui suivent : c’est le gaz insufflé qui s’évacue, et cela n’a rien d’inquiétant.

L’alimentation reprend normalement dès la sortie, sauf consigne contraire après une polypectomie étendue. En revanche, vous ne devez ni conduire, ni prendre de décision engageante dans les vingt-quatre heures qui suivent une anesthésie générale : prévoyez un accompagnant.

Le médecin vous donne une première impression à votre réveil. Les résultats d’analyse des prélèvements demandent une à trois semaines et sont commentés lors d’une consultation dédiée.

Les risques

La coloscopie est un examen sûr, ce qui ne veut pas dire sans risque. Les complications sérieuses restent rares et concernent surtout les examens avec geste thérapeutique.

  • Perforation de la paroi colique : de l’ordre de un cas sur mille pour une coloscopie diagnostique, davantage après le retrait d’un polype volumineux.
  • Saignement : essentiellement après polypectomie, parfois différé de quelques jours.
  • Risques liés à l’anesthésie : évalués lors de la consultation préanesthésique obligatoire.

Consultez sans attendre en cas de douleur abdominale intense, de fièvre ou de saignement abondant dans les jours qui suivent.

Où faire cet examen à Montpellier

Les gastro-entérologues de Montpellier et de sa métropole exercent au CHU Saint-Éloi, à l’Institut du Cancer, dans les cliniques du Millénaire, de Clémentville et du Parc, et en cabinet de ville. Notre annuaire recense les 71 praticiens du répertoire national, avec leur lieu d’exercice et leur téléphone.

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Questions fréquentes

La coloscopie est-elle douloureuse ?

L’examen lui-même ne l’est pas, puisqu’il se pratique sous anesthésie. L’inconfort porte sur la préparation, et sur les ballonnements des heures qui suivent.

Puis-je m’en dispenser si mon test de dépistage est positif ?

Un test immunologique positif signifie qu’un saignement microscopique a été détecté. Seule la coloscopie permet d’en identifier l’origine, et le plus souvent il ne s’agit pas d’un cancer. Y renoncer revient à rester sans réponse.

À quelle fréquence faut-il la répéter ?

Cela dépend entièrement de ce que montre le premier examen : dix ans si elle est normale, trois à cinq ans après le retrait de certains polypes, plus rapproché dans les situations à risque. Votre gastro-entérologue fixe l’échéance.

Cette page a une vocation documentaire. Elle décrit une pratique générale et ne remplace pas les consignes du praticien qui réalise l’examen, qui priment toujours sur ce qui est écrit ici.

Ce site n’est ni un cabinet médical, ni un service de prise de rendez-vous. Pour une consultation, appelez directement l’établissement concerné. En cas d’urgence, appelez le 15.

Sources de référence : Société française d’endoscopie digestive (SFED), Société nationale française de gastro-entérologie (SNFGE), Haute Autorité de santé (HAS), Institut national du cancer (INCa).

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